Le petit chat est mort

Un des sujets les plus difficiles à aborder avec les enfants, celui de la mort. Si ce sujet est si difficile à aborder, c'est bien parce qu'il nous confronte à nos propres difficultés d'adultes. Cet article a pour but de vous donner des pistes de réflexion sur ce sujet, et des outils pour accompagner les enfants confrontés à la mort.

C'est quoi la mort ?

La mort est la dernière étape du cycle de la vie. Tous les êtres vivants, que ce soit les humains, les animaux ou les plantes, naissent, grandissent et meurent...

 

La mort n'a pas le même sens selon l'âge de l'enfant. Tous les enfants, même ceux qui ne sont pas confrontés à la mort dans leur vie personnelle, passent par des phases où ils s'interrogent sur la mort. D'ailleurs, celle-ci est présente dans leur quotidien dans bon nombre de dessins animés, de livres, ou de jeux...

 

Lorsque la mort survient à la fin de la vie, c'est à dire lorsqu'une personne très agée meurt, même si on peut être affectée par sa disparition, elle sera plus facilement acceptable. Et il sera plus facile de dire à l'enfant :

"Il est mort parce qu'il était très vieux"

L'injustice de la vie

Ce qui va s'avérer plus difficile, c'est lorque la mort touche quelqu'un de jeune, à fortiori un enfant, et qu'elle survient à la suite d'une maladie ou d'un accident. D'abord, il y a la survenue de la maladie, dans la vie de quelqu'un qui avait encore de longues années devant lui. Dans ce contexte, on est confrontés nous adultes, à l'injustice de la vie, au caractère incontrolable de la situation, et à notre impuissance. On ne choisit pas de tomber malade, certaines maladies n'ont aucune explication rationnelle, et on peut lutter contre une maladie, mais certaines vont s'avérer mortelles, et révéler l'impuissance de la médecine. Dans le cas d'un accident, il y a le caractère brutal de l'annonce, et aussi l'injustice, car tous les accidents ne sont pas mortels, et toutes les victimes des accidents n'ont pas de responsabilité dans sa survenue.

 

Le caractère injuste de la mort peut expliquer en partie les difficultés que l'on a à aborder ce sujet avec les enfants. Nous préférerions ne pas avoir à aborder ce sujet avec eux tant nous souhaiterions les maintenir dans une vision idyllique de la vie, et leur épargner de se confronter avec ce qui nous est insupportable à nous, adultes.

La perte et la séparation

La mort nous confronte inéluctablement à la notion de perte. On ne pourra plus jamais voir la personne disparue. Au delà du décès, nous perdons le lien qui nous unissait, et ce que nous trouvions dans la relation avec cette personne. Chaque relation que nous entretenons nourrit une part de nous mêmes et chaque relation qui se termine nous oblige alors à renoncer à cette part de nous ou à trouver une autre façon de la cultiver.

Entre tristesse et chagrin

Lorsqu'une mort survient dans notre entourage, nous ressentons une émotion connotée de façon négative dans notre société : la tristesse. La tristesse est pourtant un émotion saine, qui permet de cheminer dans le deuil. Nous pouvons avoir envie de pleurer, car les larmes sont précisément ce qui permet de se libérer de son chagrin. Et nous pouvons être tentés de ne pas le faire devant les enfants, par souci de les préserver. Les enfants perçoivent néanmoins que quelque chose se passe. Un décès dans une famille est un bouleversement, et s'accompagne parfois d'agitation autour de l'organisation des obsèques. Un enfant même petit perçoit les émotions qu'on lui cache. Et s'il pose des questions et qu'on lui répond :

"Non, ne t'inquiète pas, tout va bien"

Le risque est alors de lui signifier que ce qu'il ressent n'existe pas. Et peut le conduire à ne pas faire confiance à ses ressentis. Si l'enfant pose des questions, mieux vaut lui faire part de la raison réelle de notre tristesse, de notre irritabilité, afin qu'il sache que ça n'a rien à voir avec lui. Si nous sommes nous mêmes trop affectés par le décès, il peut s'avérer utile de s'adresser à un tiers, voire à un professionnel, pour expliquer le décès à l'enfant et ce que cela implique pour son entourage.

Les rituels autour de la mort

Lorsque la mort d'un proche survient dans la vie d'un enfant, cela peut aussi être l'occasion d'enseigner à l'enfant les croyances et rituels qui accompagnent la mort dans notre culture. Par exemple, on peut expliquer à un enfant que lorsque quelqu'un meurt, on organise une cérémonie du souvenir, afin de se souvenir ensemble de la personne décédée et de partager notre chagrin. Cela permet de rendre hommage et de dire adieu au défunt. On peut aussi lui expliquer les différents rites religieux, non seulement le nôtre, mais aussi les différences entre les cultures dans les pays du monde, ainsi comme les croyances issus des cultures religieuses, comme le paradis ou la réincarnation.  De nombreux livres existent sur le sujet et pourront vous y aider.

 

Lorsqu'un enfant perd son animal de compagnie, on peut décider avec lui de la façon dont on va lui rendre hommage, et choisir avec l'enfant, les modalités de la sépulture de l'animal. Il peut être important que l'enfant puisse avoir un lieu de recueillement pour "penser" à son animal.

Comment parler de la mort aux enfants ?

La façon d'aborder cette question va dépendre de la façon dont nous adultes, sommes affectés par ce décès. Néanmoins, il est préférable de dire la vérité aux enfant plutôt que de tenter d'adoucir les choses par des images poétiques qui risquent de créer un flou dans la tête de l'enfant. Par exemple, dire à un enfant :

"Elle est partie au ciel"

risque de donner l'envie  à l'enfant de prendre l'avion pour rejoindre la personne décédée, ou au contraire, de lui provoquer une peur de l'avion, en lui donnant l'impression qu'il va mourir en "montant au ciel". De la même façon, dire à un enfant :

"Il s'est endormi"

risque de provoquer de grosses difficultés d'endormissement chez un enfant, qui peut avoir peur de s'endormir et de ne pas se réveiller.

Les enfants peuvent ils participer aux obsèques ?

Au delà de la façon dont nous sommes nous mêmes impactés par ue disparition, il est préférable de se poser la question du lien qui unissait l'enfant et la personne disparue. Si l'enfant avait clairement identifié la personne, si elle faisait partie de son quotidien, lui permettre de participer aux obsèques peut contribuer à rendre concrète la disparition, et aider l'enfant à commencer son travail de deuil, avec les autres membres de sa famille. Il pourra ainsi partager son chagrin avec son entourage. Néanmoins, alors que nous n'avons souvent aucune difficulté à rire ensemble, partager le chagrin peut s'avérer plus difficile. On pourrait penser que l'enfant serait affecté par la tristesse de son entourage, et c'est le cas, dans le sens où la plupart du temps, l'enfant la perçoit très bien.

 

Néanmoins, il peut s'avérer très utile de lui permettre de vivre ses émotions avec les autres. Il pourra ainsi apprendre qu'un évènement dramatique provoque des émotions négatives, mais que ces émotions se transforment et participent au travail de deuil. Qu'après la tristesse et le chagrin, on peut recommencer à rire, à sourire, et à se souvenir des bons moment partagés.

Le travail de deuil

Au moment d'un décès commence le travail de deuil. Ce processus prend un temps plus ou moins long selon le lien qui nous unissait à cette personne ou cet animal. D'abord vient le temps du déni, puis celui de la colère, puis celui de la dépression, période où on est centré sur la perte de la personne disparue et où on perd goût à la vie, puis celui de l'acceptation. Cette dernière étape se termine, lorsqu'on peut mettre ses émotions à distance, se souvenir de la personne sans en être affecté, et prendre conscience de ce que la personne nous a apporté et du fait qu'un certain nombre de ces choses continuent à vivre à l'intérieur de nous. Il peut s'agir de valeurs, de traits de caractère, ou de gouts en commun par exemple....

 

A travers ces évènements douloureux, les enfants peuvent avoir l'opportunité d'expérimenter aux côtés des adultes, les émotios négatives qui y sont rattachés, et comprendre ainsi que ces émotions font partie de la vie, et permettent de surmonter les épreuves.

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